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  "Suis-je ce que j'ai conscience d'être?" 


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Soit: suis-je = X
Soit: être = Y

Voici le "classique" tableau des définitions

Suis-je

Je suis, j'existe dans un ici et un maintenant dont je m'échappe par le mouvement même de la conscience qui est toujours déploiement d'un horizon, intentionnalité (voir Chemins de la Pensée de J. Russ, p.493)

ce que

semble bien désigner quelque chose!

j'ai conscience

ce qui fait apparaître: visée qui s'apparaît à soi-même en faisant mouvement vers une chose qu'elle fait apparaître.

être

essence, nature, continuité et déterminisme, ce que la chose est.

Faisons un exercice de maïeutique plus que jamais nécessaire dans un sujet aussi difficile.

Si nous sommes "existence", sommes-nous quelque chose en nous-même? Serions-nous néant?
Au contraire des choses qui sont en elles mêmes tout ce qu'elles sont (en-soi), ne serions-nous pas, par nos fins (= ce que vise un acte) et par nos motifs (raison d'agir d'ordre intellectuel), toujours en avant de nous-mêmes?

Problème: comment accorder la liberté d'une existence avec la continuité d'une essence? Comme projet l'homme n'est-il pas autre que ce qu'il est? Il n'est donc pas ce qu'il est, en ce sens. Comme projet, l'homme n'est-il pas déjà en train de devenir cet autre? En ce sens il serait ce qu'il n'est pas.
Dès lors comment parler d'une conscience d'être alors que l'être manque?
 

Si, pour l'homme, être c'est exister peut-il y avoir conscience d'une chose dont l'essence est de devenir, de n'être pas ce qu'il est et d'être ce qu'il n'est pas?

  • *Si X et Y sont confondus en quoi le sujet a-t-il malgré tout une raison d'être?

Comment comprendre qu'on puisse ne pas être soi-même sans admettre qu'on puisse parfois être soi-même?

L'alternative ne renvoie-t-elle pas -à un choix, une liberté (Voir la LA LIBERTÉ)- à une distance, temporalité, être serait se faire par un projet et une action fidèle au projet, - et à un effort de fidélité à un choix = fidélité à soi-même comme on se prévoit dans le futur?

  • L'appétit, le refus du projet, la lâcheté nous conduiraient à ne pas être soi-même.
    Mais cela implique que le soi puisse être choisi: je serai cela! S'agit-il bien du soi?
    Fondamentalement le soi est la présence à soi, ce qui s'apparaît à soi-même

     

  • Alors il serait impossible de ne pas être soi-même, le moi serait cloué à lui-même (Kierkegaard).Ce que j'appelle soi ne serait-il que le personnage, la personnalité ou la personne qui sont des "vêtements" auxquels on peut échapper, fruit du regard des autres ou d'une conception? "Amer savoir qu'on tire des voyages",   Baudelaire: on ne quitte jamais le soi et, en ce sens, on ne peut pas être soi-même: on s'accompagne partout.
    La liberté ne porterait donc que sur des actions conformes ou non conformes (dignes ou indignes) à nos projets (= autonomie, obéissance à la loi qu'on s'est prescrite) mais l'épreuve de soi ne peut pas ne pas être, ce serait la perte de la conscience!

Une conception politique du moi permettrait peut-être d'échapper à l'aporie, l'embarras: le soi comme ce qui a surmonté les autres instincts: résultat d'une victoire. Alors on pourrait changer d'instinct et ne plus être le soi qu'on était; Le soi ne serait alors qu'un nom, une "notation commode (Alain), désignant une pluralité d'instincts en lutte et le vainqueur provisoire. Pense aux sophistes (hommes de la politique et du pouvoir) qui ne sont jamais ce qu'ils sont toujours en mouvement au contraire de Socrate l'homme de l'essence de la définition.

Pourtant on peut se demander si cette destruction du soi peut aller jusque dans les fondements qui sont les conditions de possibilité de toute conscience: la présence à soi, sans distance et sans multiplicité.

Pour ton sujet tente de déterminer le terme conscience:
- sens 1) un mouvement vers un objet que je ne suis pas, une chose qui apparaît: en ce sens "Toute conscience est conscience de quelque chose". C'est Husserl que reprendra Sartre. Mais si je me regarde, j'ai conscience d'un moi empirique qui n'est pas moi, que je place à distance dans un acte de transcendance, un horizon. En ce sens j'ai conscience d'être une chose déterminable par son caractère (actif ou non actif par exemple), le personnage, la personnalité, la personne. Ces déterminations me sont quand même extérieures comme des vêtements plus ou moins bien ajustés parce que:

- sens 2) la conscience est avant tout présence à soi, auto affection de l'acte de transcendance, épreuve de soi, passion pour ainsi dire: en ce sens j'ai conscience d'être conscient. C'est tout, c'est la Vie.
Au sens 1) je ne suis pas ce que j'ai conscience d'être car le seul fait de le savoir m'en distingue, m'en sépare: en ce sens Sartre écrit: "L'homme est ce qu'il n'est pas (son projet) et n'est pas ce qu'il est (parce qu'il s'en sépare, en en prenant conscience)
Au sens 2) je suis toujours ce que j'ai conscience d'être parce que l'existence est la première donnée de toute conscience. (voir Descartes Discours de la méthode)

Pour le plan tu peux l'articuler selon le sens 1), puis le sens 2), mais le meilleur plan sera celui que tu trouveras.
Voici un tableau qui peut aider à lire les pages 515 et 516 de l'Être et le Néant (Sartre). Tu dois comprendre chaque colonne prise de haut en bas: confondre les deux colonnes c'est confondre les motifs et les fins avec les choses données!

Existence, mouvement
Conscience
Pour soi
Liberté
Néant
Discontinuité, autre
Motif, mobile

Essence, ce que la chose est
Inconscience
En soi
Déterminisme
Être
continuité, le même
Processus causal


Tu peux aussi regarder dans le site:
Le cours sur "l'existence"   -   La page philo-express: la notion l'existence.
"Peut-on ne pas être soi-même ?"
"Suis-je le mieux placé pour savoir ce que je suis?

Lectures incontournables:
DESCARTES: Méditations métaphysiques.
KIERKEGAARD: Le Traité du désespoir (ou la maladie mortelle), au moins les premières pages.
JEAN-PAUL SARTRE: L'Être et le Néant (ce qui concerne la mauvaise foi - Chapitre II pages 81 à 102)

Quelques pistes de lecture:
http://www.philagora.net/citations/conscience.htm 

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